Nos villes de plus en plus vertes

07 Avril 2017 | Par Sandrine | Ma vie Autrement

Nos villes de plus en plus vertes

Le printemps est là et la nature se réveille en offrant un merveilleux spectacle de renaissance. Comment résister à son appel ? Promenade dans les parcs, balade en forêt, fleurissement des balcons et des terrasses, pique-nique, profiter des joies de la vie en extérieur est un pur bonheur qui subsiste uniquement grâce à un comportement et une volonté écoresponsables. La préservation, l'entretien et l'embellissement des espaces verts sont devenus, pour 6 français sur 10, l'un des enjeux des villes. Mais dans la pratique, les graines ne sont pas encore totalement germées ...

Un chiffre significatif, le budget vert par an et par habitant.

Le 14 mars dernier, l’Union nationale des entreprises du paysage et Hortis a publié pour la troisième fois le palmarès des villes françaises les plus vertes. Angers, Nantes, et Strasbourg ont été récompensées. Bien que les français revendiquent un cadre de vie plus vert, les investissements nécessaires pour y répondre ne sont pas encore satisfaisants. En effet, selon l'Observatoire de l'Union nationale des entreprises du paysage et Hortis, le budget consacré aux initiatives de végétalisation urbaine est en baisse. Celui-ci est de 46,50 € par an et par habitant en moyenne, soit une diminution de 1,50 € en trois ans. Cela représente 1,3 % du budget total des grandes villes en moyenne. La France est sur ce sujet largement en retard par rapport à ses voisins européens et internationaux. Même Paris avec un budget de 105,40 € par an et par habitant n'est qu'à la 17ème place du classement des grandes métropoles disposant le plus d’espaces verts, loin derrière Singapour et Vancouver.

 Pourtant, les espaces verts sont des vecteurs d'amélioration de la santé publique et de l'économie.

D'après les résultats d'une étude réalisée par le Cabinet Asterés, « vivre à proximité d'un espace vert réduit la prévalence de nombreuses maladies », comme le mal de dos, les troubles de l'anxiété, la dépression, les AVC … Il est désormais reconnu que les grands arbres peuvent retenir 5,4 tonnes de CO2 par an et 20 kg de poussières. Un développement des espaces verts de 10 % permettrait de réduire les dépenses de santé liées à l'hypertension artérielle et à l'asthme, soit une économie réelle de 94 millions d'euros. Sur l'échelle du temps, l'investissement de départ semble bien vite amorti et les effets positifs rapidement ressentis. De plus, selon l'Observatoire de l'Union nationale des Entreprises du paysage et Hortis, « pour 200 000 euros investis par une collectivité, 3,5 fois plus d'emplois sont crées ou sécurisés dans le secteur du paysage ». Ce secteur peut ainsi dynamiser l'économie locale. Une ville verte, fleurie, paysagée est également toujours plus accueillante pour le tourisme.

Mais positivons, des villes montrent l'exemple

- Angers, connue pour son histoire horticole, est la ville la plus verte de France. Ses espaces verts, hors forêt, représentent 14 % de la surface de la ville. Elle est l'une des communes françaises où la qualité de l'air est la meilleure. Afin de lutter contre la disparition de la faune et de la flore, un inventaire des espèces est régulièrement fait. Une politique de végétalisation des zones dites grises a été mise en place. 300 mini jardins ont été créés, ainsi que 50 jardinières ont été installées sur la voirie. La ville a organisé la formation de ses agents aux nouvelles techniques d'entretien anticipant l'interdiction des produits phytopharmaceutiques. Il en résulte que 60 % des déchets sont recyclés sur place. Elle souhaite aller encore plus loin en sensibilisant les particuliers à ces mêmes méthodes naturelles afin que les jardins privés bénéficient aussi des bienfaits de ces techniques.

- Nantes est la ville aux 100 jardins. Véritablement attractions touristiques, ces jardins sont les lieux les plus visités de la ville. En 2016, Nantes a investi plus de 17 millions d’euros dans la création de nouveaux espaces verts. Son investissement est d'environ 4 fois plus important que les autres villes. L'objectif de la ville est d'offrir à chaque Nantais un espace vert à moins de 300 mètres de chez lui. Ce projet ambitieux est parfaitement réalisable dans la mesure où la ville a fait le choix d'espaces naturels au cœur de l'aménagement urbain. De plus, il s'inscrit aussi dans une démarche citoyenne puisque les Nantais ont été amenés à exprimer leur avis et faire des propositions pour végétaliser les espaces verts sur une plate-forme collaborative. 110 projets ont été retenus et seront accompagnés par la ville.

- La ville de Strasbourg s'est lancée le défi de devenir la capitale verte européenne. Strasbourg bénéficie d'un patrimoine vert conséquent avec 116 m² d'espaces verts par habitant, soit 2,5 fois plus que la moyenne des français. A cela s'ajoute aussi des surfaces agricoles dont plus de 4 hectares sont classées. Pour réussir son pari, la ville a développé le plan « Strasbourg, grandeur nature » dont l'objectif est de lier à la fois la biodiversité et la solidarité, mais aussi la citoyenneté et le végétal. Tout comme à Angers un inventaire de la faune et de la flore est fait. Des ruches urbaines sont installées et les zones grises sont végétalisées. Cette politique est accompagnée d'une campagne d'informations et de sensibilisation afin d'obtenir l'adhésion des Strasbourgeois. La municipalité sollicite également ses habitants à participer au fleurissement de la ville et les invite à composter leurs déchets verts. Une aide au financement, une plate-forme de tri, une organisation de stages gratuits sont prévus à cet effet.

- Le projet Paris 2050 a pour objectif de créer une cité végétale. L'idée est de repenser la capitale de manière écoresponsable. Selon l’architecte Vincent Callebaut en charge de ce projet avec le Cabinet d’ingénieurs Setec Bâtiment, « la ville de demain doit se comporter comme la forêt amazonienne en produisant elle-même son énergie et faisant en sorte que tous ses déchets soient transformés en ressources naturelles recyclées et recyclables à l’infini. A l’image du fonctionnement d’un écosystème mature, les mots déchets et pollution disparaîtront. » Concrètement, « la Tour Montparnasse, dont la façade sera recouverte d’algues, deviendrait une des trois « Tours à photosynthèse » capables d’utiliser la photosynthèse afin d’éviter les rejets de CO2 ». L'architecte explique également que la rue Rivoli pourrait accueillir les « Tours Montagnes », des bâtiments intelligents utilisant l’énergie solaire et hydrodynamique pour fonctionner. Les bâtiments de la Gare du Nord deviendraient des « Tours Mangrove », des édifices à énergie positive composés de bureaux et de logements pour les voyageurs. Pour Vincent Callebaut, le végétal en ville est primordial.

 

La révolution verte est donc en cours pour un retour à plus de nature et à un meilleur futur ! Alors, comme l'a dit Henri Bergson « que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire. »

 

source : http://www.observatoirevillesvertes.fr/

A propos de l'Auteure

Sandrine Connault-L'alchimiste des Mots

Sandrine Connault de l'Alchimiste des Mots,

Une plume, un style, des mots pour parler de PlusDeCoton et de ses engagements éco-responsables. Mais pas seulement, allez faire un tour sur son site et vous y découvrirez ses Merveilleuses Chroniques.

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